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Etude économique : la récession que continue de traverser l’économie française

Publié par Eric Vendin le 08/08/2009 
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logo credit mutuel 70 Etude économique : la récession que continue de traverser l’économie françaiseL’indicateur avancé du Crédit Mutuel, calculé à partir des données de fin mai, montre que la récession que continue de traverser l’économie française est à la fois la plus marquée, mais également la plus longue des soixante dernières années. L’activité, en dépit d’un rythme de contraction qui tend à se modérer, devrait rester faible.

L’INSEE a apporté d’importantes révisions à l’estimation du niveau du PIB en 2008 et sous ces hypothèses, la croissance en 2009 pourrait diminuer de 2,5 %. Les indicateurs quantitatifs n’annoncent pas encore de signaux de stabilisation à l’exception d’une légère amélioration dans le secteur de l’immobilier résidentiel neuf ou en ce qui concerne la consommation de produits manufacturés. Le recul de l’activité industrielle, qui a concerné tous les secteurs, s’est poursuivi (-18,8 % en un an). La seule production manufacturière n’a baissé que de 0,5. % en avril, mais la chute reste aussi sévère même si elle se tempère.

Le climat des affaires dans l’industrie ou les services, depuis le point bas touché en début d’année, s’améliore un peu bien que la reprise ne soit pas immédiate. Les carnets de commandes ne se regarnissent pas et les perspectives personnelles ou générales demeurent toujours négatives. Néanmoins, la situation de la trésorerie d’exploitation des grandes entreprises, même si elle est toujours jugée difficile, l’est un peu moins depuis quelques mois.

La recherche de financement devient moins difficile qu’auparavant où le stress était maximal, notamment en décembre lorsque pratiquement 60 % des trésoriers éprouvaient des difficultés de financement. Parallèlement, la confiance des ménages remonte lentement en dépit de la brutale montée du chômage. La revalorisation des prestations sociales ainsi que les allègements d’impôts sur le revenu soutiennent les dépenses des ménages dont la tendance baissière, constatée tout au long de 2008, paraît vouloir s’interrompre. Le taux de croissance trimestriel annualisé des crédits enregistre un léger rebond en avril, essentiellement imputable aux prêts à l’habitat. La baisse des taux a été forte et les conditions d’accès au crédit se tempèrent. Le taux d’endettement des ménages a atteint 74,4 % du revenu disponible en 2008 contre 53 % en 2001.

Il reste très inférieur à celui des Britanniques ou des Américains (183 % du RDB fin 2007). La Banque centrale européenne, le 4 juin dernier, a maintenu son taux directeur au plancher historique de 1 % et a confirmé son programme de rachat de covered bonds (obligations sécurisées) pour un montant de 60 milliards d’euros.

L’indicateur conjoncturel avancé du Crédit Mutuel, qui anticipe d’environ 6 à 8 mois la croissance de l’économie française, a été mis en place en septembre 1992 avec la collaboration de François Milléquant, Chargé de Recherche au CNRS, Directeur d’Industries et Services Iéseg (Recherches économiques sur les secteurs industriels et les services), qui a développé un outil régional avec le groupe de Lille. L’indicateur avancé a fait l’objet, pour la troisième fois en mai 2007, d’un test afin de contrôler la stabilité et le pouvoir prédictif des séries sélectionnées. La même méthode de lissage a été utilisée. L’indice d’ensemble, qui est constitué de 6 sous-indicateurs, se définit en variation par rapport à 100 qui n’est pas l’origine des observations mais une situation tendancielle à long terme de l’économie qui évolue progressivement un mois après l’autre.

L’indicateur avancé repose désormais sur 33 séries statistiques, visant à couvrir les principaux secteurs de l’activité et tenant compte notamment des influences exercées par l’extérieur. La vision plutôt micro-économique des sphères financière et réelle adoptée en 1992 a été préservée dans la nouvelle version 2007. Les séries ont été choisies pour leur aptitude à détecter les inflexions de l’activité. Trois séries ont été retirées, en revanche quatre ont été introduites. Chaque série est corrigée des variations saisonnières et lissée par une moyenne mobile pondérée. Les résultats sont ensuite regroupés dans 6 sous-indicateurs « thématiques ».

La chute du sous-indicateur «international» reflète le ralentissement des exportations mondiales, mais aussi la poursuite de la hausse des prix des matières premières. Le cours du Brent, proche des 72 dollars le baril, s’est renchéri de plus de 60 % en trois mois. Dans la zone euro, les industriels croient en une amélioration des perspectives de production, tout en constatant un niveau élevé de leurs stocks et des carnets de commandes peu garnis.

La composante «ménages» reste hésitante malgré une légère amélioration de l’indice de confiance. La hausse des immatriculations de voitures (11,9 % sur un an en mai) est à associer à l’introduction de la « prime à la casse ». La demande de prêts à l’habitat a cessé de se contracter. Sur les trois derniers mois à fin avril, le taux de croissance trimestriel est de 4,3 % l’an après 3,6 %. La baisse des taux a interrompu le recul des ventes de logements neufs.

Le sous-indicateur «finances» suggère que le mouvement baissier des indices boursiers s’est achevé. L’indice SBF 250 se maintient autour des 2350 points. Le maintien du taux directeur de la BCE à 1 % tire vers le bas le taux de l’euribor à trois mois (1,28 % le 11 juin). Cependant, le retour de l’appétit pour le risque pénalise les emprunts d’Etat dont le taux à dix ans a franchi la ligne des 4 % (4,01 % le 11 juin) en France et 4,04 % dans la zone euro.

L’agrégat «activité» accentue sa chute. La remontée du chômage est brutale. Elle est pour l’essentiel due à de nombreuses fins de missions d’intérim et de CCD tout au long du second semestre 2008. Les faillites d’entreprises sont élevées, notamment dans le secteur de la construction. Dans l’industrie des biens intermédiaires ou dans le secteur des biens de consommation, le repli de la production reste prononcé. Dans les services, la dégradation a cessé en mai.

L’agrégat «demande» maintient sa tendance baissière. Le niveau des carnets de commandes demeure insuffisant dans les biens intermédiaires ou dans les biens de consommation. La tendance baissière des demandes de permis de construire de surfaces non résidentielles, en recul de 22 % en un an, s’est stabilisée par rapport à la fin 2008. La récession industrielle pèse sur les achats de véhicules utilitaires de plus de 5 tonnes (-33,5 % sur un an)

L’indicateur du climat des affaires est remonté à 72 en mai, après avoir touché son point le plus bas en mars (68) depuis la création de l’enquête en 1976. Néanmoins, les prévisions d’activité sont toujours défavorables malgré une légère amélioration. L’ajustement des stocks, qui devrait prendre fin dans un mois ou deux, ainsi que la montée en puissance du plan de relance de l’activité devraient favoriser une reprise technique avant la fin de l’année.

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