Islande: le "non" change la donne des négociations Icesave (presse)
Le spectaculaire rejet des Islandais de l’accord financier Icesave pour rembourser la Grande-Bretagne et les Pays-bas après la faillite de la banque en ligne change radicalement la donne des négociations, estiment lundi les éditorialistes de la presse locale.
« Il est hors de question de poursuivre les négociations dans les termes britanniques et néerlandais comme si rien ne s’était passé », écrit Morgunbladid dans un éditorial deux jours après le référendum qui a recueilli 93% de « non ».
 »Les gouvernements de ces pays doivent comprendre que l’Islande ne va pas supporter un tel fardeau financier qui est illégal, plus lourd et plus grand que ce qu’elle peut porter », ajoute le journal dont le rédacteur en chef n’est autre que David Oddsson, ancien Premier ministre de centre-droit (opposition) et ex-directeur de la Banque centrale rendu pour une large part responsable de la crise financière islandaise en 2008.
« Le gouvernement islandais doit comprendre la même chose », ajoute le journal. L’accord qui a été massivement rejeté samedi envisageait de rembourser 3,9 milliards d’euros à Londres et La Haye avant 2024 pour indemniser les deux pays qui avaient indemnisé à leur tour les quelque 340.000 Britanniques et Néerlandais affectés par la faillite d’Icesave en octobre 2008.
Etant donné la faible population de l’île, la somme demandée signifierait que chacun de ses 317.000 habitants devrait payer 100 euros par mois pendant huit ans. Olafur Stephensen, rédacteur en chef de Frettabladid, l’autre quotidien de Reykjavik, souligne que le « non » des Islandsais ne veut pas dire qu’ils ne veulent pas payer de compensation pour la faillite d’Icesave.
« Il faut éviter de mal interpréter ce résultat, ici comme à l’étranger », écrit-il dans un éditorial.  Il « signifie seulement que l’Islande n’accepte pas l’accord et doit obtenir un nouvel accord avec la Grande-Bretagne et les Pays-bas », ajoute-t-il. Stephensen estime que malgré ce vote contraire au gouvernement de coalition de gauche, il pourra se maintenir au pouvoir vu l’absence d’alternative politique.
« En dépit de son incompétence (dans le dossier Icesave), le gouvernement a le soutien du pays. C’est la preuve que les partis d’opposition ne sont pas encore suffisamment forts », écrit-il.
Paris, 9 mars 2010 (AFP)


