classé dans Analyse marché
Panique chez les banquiers: une agence de notation annonce la faillite du système bancaire en France
|
|
|
|
Ce scénario catastrophe volontairement provocateur tient autant du fantasme que les rumeurs de la fin proche du secret bancaire en Suisse, relayé à grands renforts de superlatifs dramatiques par les médias du monde entier, en particulier par les presses anglo-saxonne, française et allemande.
Des Autorités étatiques et institutions privées profitent d’une situation de vulnérabilité de la plus grande banque suisse, en relation avec certaines initiatives commises par celle-ci et la féroce concurrence entre les places financières mondiales, dans le seul but de faire écrouler le secret bancaire avec des arguments démagogiques et trompeurs, et n’en sont pas à leur premier coup d’essai.
Tous les coups sont permis, il n’y a aucune motivation morale, sociale ou humanitaire parmi les pourfendeurs de la place financière suisse. Quand le 1er ministre britannique annonce vouloir s’attaquer au paradis fiscal que serait la Suisse lors du prochain sommet du G20 à Londres, le leader politique oublie que la Suisse n’est non seulement pas un paradis fiscal mais bien un état membre de l’OCDE.
En revanche, les îles Anglo-normandes, sises en territoire britannique, sont bien des places financières offshore où prime de longue date le secret bancaire. Monsieur Woerth, ministre français du Budget, confirmait il y a quelques jours qu’il est tout à fait légal en France d’honorer le paiement de l’achat d’un bien appartenant au parc immobilier de l’Etat par le biais d’un compte bancaire d’une juridiction offshore si l’acheteur est d’accord de surenchérir sur le prix initialement fixé, et que le donneur d’ordre de la transaction et détenteur de la dite société offshore ne sera en aucun cas inquiété par d’éventuelles procédures d’identification et d’origine économique des fonds.
En d’autres termes, le ministre justifie qu’aucune mesure particulière ne doit être appliquée pour savoir si les fonds proviennent du blanchiment d’argent, d’un trafic voire jamais déclaré au fisc. Pour un membre de l’OCDE, l’on ne peut qu’être surpris qu’un tel manque de rigueur déontologique soit validé par le simple fait qu’un acheteur est d’accord de payer plus cher.
En Suisse,ce genre de pratique d’un autre âge est pénalement qualifiable. Ces nations amies sont-elles vraiment en position de donner des leçons de morale fiscale à la Suisse ? Les faits sont là pour prouver le contraire. Dans le cadre d’un accord signé entre la Suisse et l’UE, l’on ne peut s’empêcher de faire référence à la Directive Européenne sur l’Epargne qui règle le problème du secret bancaire pour les résidents de l’UE identifiés en tant qu’ayant-droit économique d’un compte bancaire en Suisse en échange d’une retenue d’impôt anticipé sur les intérêts que la Suisse s’est formellement engagée à reverser (plus d’informations à ce sujet sur http://www.myswissadviser.com/ directive-suisseUE-fiscaliteepargne.htm).
Cet arrangement juridiquement formalisé permet aux citoyens de l’UE d’ouvrir légalement une relation bancaire en Suisse de bénéficier pleinement du secret bancaire, en contre partie l’UE reçoit en retour une compensation financière non négligeable. Il est étonnant de constater la posture de l’UE qui agit de façon pour le moins hypocrite puisque les états membres concernés encaissent périodiquement des sommes importantes d’argent grâce au secret bancaire en Suisse via la retenue. Il s’avère que l’affaire de l’établissement bancaire suisse connu mondialement (plus précisément sa filiale US) et des Autorités américaines est un cas isolé et rarissime.
Celle-ci ne concerne qu’un seul acteur parmi plus de 400 enseignes bancaires en Suisse qui n’ont jamais violé le secret bancaire inscrit dans la Loi. Que les clients non-résidents au bénéfice d’un compte en Suisse soient rassurés, le secret bancaire n’est pas levé si l’origine économique des fonds ne viole pas les législations suisses en vigueur. Tout établissement possédant une licence bancaire en Suisse s’expose à de graves problèmes juridiques et judiciaires si le secret bancaire est violé, nonobstant le fait que qu’une action collective en justice des clients lésés pourrait lui être définitivement fatale.
A cet effet, nous rappelons qu’en date du 20 février 2009 le Tribunal Fédéral en Suisse a interdit, sous peine de poursuites pénales, la transmission de données bancaires de clients de la banque suisse en question aux autorités fiscales américaines. Croire qu’autant de clients du monde entier souhaitent ouvrir un compte en Suisse uniquement en raison du secret bancaire est faux. Oui, il existe une forte demande permanente pour bénéficier d’une réelle protection de la sphère privée (n’est-ce pas le minimum qu’une démocratie se doit de mettre en place pour sa population ?), mais ces mêmes clients apprécient la qualité des services et conseils bancaires qu’ils ne trouvent pas forcément ailleurs.
D’autre part, faire croire que toute personne ayant une relation bancaire en Suisse est un escroc fiscal est tout simplement insultant pour l’écrasante majorité de nos clients. Il convient dans les plus brefs délais de lancer un signal fort aux clients et aux places financières concurrentes, nos politiques en Suisse devraient dès à présent inscrire le secret bancaire dans la constitution afin de préserver à long terme la primauté des intérêts stratégiques vitaux pour la Suisse qu’a toujours représenté le secteur financier.
La Fiduciaire MSA est solidaire et soutient pleinement la place financière suisse, ses partenaires bancaires locaux et leurs personnels.
Longue vie au maintien et au strict respect du secret bancaire, et longue prospérité au dragon des Alpes tant convoité à l’étranger.
A lire aussi
- Avec la crise, les offres obligataires remportent un vif succès chez les épargnants
- Le livret A arrive chez ING Direct
- 52% des clients de Boursorama Banque n’ont payé aucun frais bancaire en 2008
- HSBC France soutient les PME françaises en mobilisant 500 Millions d’Euros supplémentaires
- BNP Paribas annonce les rendements 2008 de ses contrats d’assurance vie en euros et multisupports













Un an après que cet article ne soit écrit, la secret bancaire suisse est bel et bien toujours vivant et là pour rester. Malgré tous les débats, le secret bancaire de la suisse en fait l'une des motivations pour biens des gens et si le secret devait être levé sur les comptes bancaires suisses, les investisseurs ne feraient que se tourner vers d'autres banques offshores. Le secret d'un compte suisse ne signifie pas que ce soit illégal ou autre, certaines personnes préfèrent uniquement la stabilité du système suisse.